Percer l’univers de Merce Cunningham avec Cédric Andrieux

Les élèves de l’option Art danse accueillent pour la seconde année consécutive le danseur Cédric Andrieux, interprète de renom et ancien danseur de la compagnie de Merce Cunningham. Cédric Andrieux interviendra les mardis 10 et 17 décembre pour les classes de 1ère et Tle Art danse.

Le parcours de Cédric Andrieux est époustouflant et a fait l’objet d’une pièce ayant pour thème son parcours et son expérience en tant qu’interprète.

Les élèves de l’option Art danse ont assisté l’année dernière [1] à la pièce Cédric Andrieux du chorégraphe Jérôme Bel | Extrait vidéo

Dans cette pièce, Cédric Andrieux témoigne de son parcours de danseur contemporain à Brest, puis au conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, ensuite en tant qu’interprète de Merce Cunningham à New York puis du Ballet de l’Opéra de Lyon.

Les élèves ont pu reconnaître des extraits de pièces de Trisha Brown (Newark), Merce Cunningham (Biped, Suite for 5), Philippe Tréhet (Nuit fragile), Jérôme Bel (The show must go on).

Cédric Andrieux travaille en indépendant depuis 2010. Il a enseigné aux États-Unis (Université George Mason, Université de Jacksonville, Cambridge School of Weston).

En France, il intervient dans le cadre de la formation du Diplôme d’État et du Certificat d’Aptitude. Il enseigne également comme professeur invité au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse (CNSMD) de Lyon et à l’Académie américaine de danse à Paris.

Cependant, c’est son expérience du travail de Merce Cunningham qui sera au coeur du propos lors des ateliers de décembre.

Cédric Andrieux a fait partie de la compagnie de Merce Cunningham de 1999 à 2007 pour laquelle il a participé à la création de huit pièces et à la reprise de près de vingt pièces du répertoire du chorégraphe.

Merce Cunningham (1919-2009) était un danseur et chorégraphe américain. Son œuvre a contribué au renouvellement de la pensée de la danse dans le monde. Il est notamment connu pour :

  • l’utilisation du hasard comme procédé de composition de ses pièces pour prendre des décisions objectives et se surprendre ;
  • son rapport au temps : la musicalité est interne au mouvement, elle n’est pas imposée par le support musical. Merce travaille avec le chronomètre (notion de durée) et superpose danse et musique le jour de la représentation. Il travaille notamment avec le compositeur John Cage, qui fut aussi son compagnon ;
  • son rapport à l’espace : l’espace n’est plus hiérarchisé, chaque danseur est son propre centre et tout point dans l’espace est d’égale importance ;
  • ses collaborations artistiques avec des plasticiens comme Robert Rauschenberg et Jasper Johns, des compositeurs comme Earle Brown, Morton Feldman, David Tudor.
    Dans les pièces de Cunningham, la danse, la musique, l’œuvre plastique, qui sont travaillées chacune de leur côté, sont superposées le jour du spectacle pour une rencontre artistique ouverte.
  • la création d’un logiciel qui créé et modélise le mouvement : Lifeforms, qui propose des mouvements aléatoires, dans un ordre aléatoire.

Durant l’atelier, les élèves découvriront l’échauffement quotidien de la compagnie de Merce Cunningham, avec une technique tout à fait particulière. Ils exploreront ensuite les procédés de composition de ce chorégraphe qui a bouleversé la manière de penser la danse.

Extrait du discours de Cédric Andrieux dans Cédric Andrieux de Jérôme Bel : l’interprète revient sur son travail dans la compagnie de Merce Cunnigham.

« Je suis engagé dans la compagnie de Merce Cunningham en août 1999, j’ai 22 ans. La journée dans la compagnie commence toujours par le cours. L es exercices en début de cours sont toujours les mêmes, je fais et refais la même chose, les mêmes exercices de dos, les mêmes pliés, tous les jours, toutes les semaines et çà pendant les huit ans que je vais passer dans la compagnie...On est face au miroir, Merce donne le cours, il nomme chaque exercice et nous donne le rythme, rebond, étirement...Après les pliés le cours continue mais heureusement avec des exercices qui changent tous les jours. Après le cours ont a 30 minutes pou r manger et ensuite on commence la répétition... J’arrive presque jamais à faire ce qu’il demande, j e ressens souvent un sentiment d’humiliation, je suis comme une merde. Après la répétition, il y a le spectacle et pour le spectacle, il y a le célèbre costume : l’académique. C’est comme un collant pour tout le corps...Un autre élément du spectacle, c’est la musique. Pour moi la musique n’a pas trop d’importance car on travaille toujours en silence et on entend uniquement la musique le jour de la première, donc quand je suis sur scène, la musique, je ne l’entends pas...
J’ai toujours mal quelque part, à la nuque, au bas du dos, à la jambe droite, des fois c’était la hanche, parfois le genou, des fois, la cheville, de s fois les trois en même temps... J’ai décidé de partir en 2007, l’année de mes trent e ans, je ne savais pas encore combien de temps, je voulais danser, mais je savais qu’avant d’arrêter, je voulais faire autre chose que la danse de Merce et c’est pour cela que j’ai pensé à l’Opéra de Lyon parce qu’il y avait un répertoire qui m’intéressait et notamment avec William Forsythe. L e Directeur du Ballet qui m’avait vu danser plusieurs fois chez Merce m’a engagé pour commencer fin juillet, deux jours après la fin de mon contrat chez Merce. J’allais enlever mon académique et ma gaine. Bon, je continue. A l’Opéra de Lyon, j’ai dansé des pièces de Maguy Marin, de William Forsythe, Jérôme Bel, Jiri Kyliàn, Trisha Brown, Odile Duboc, Anjelin Preljocaj, Matz Ek... »

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