Le roman historique au CDI

Bref aperçu d’un genre multiforme .

A l’occasion de nos deux séances spéciales de décembre sur le roman historique, nous vous proposons un aperçu du genre ainsi qu’une sélection de romans historiques disponibles au CDI, pour les amateurs.

 

 Un genre difficile à définir

Le roman historique ne doit bien sûr pas être confondu avec le récit historique, qui s’attache à retracer de façon authentique des événements réels : par exemple les témoignages de Jorge Semprun ou de Primo Levi sur les camps de concentration.

Il se différencie également de l’autobiographie romancée, où l’auteur met à distance la fiction en se posant comme narrateur et personnage réel de l’histoire, et de la biographie romancée qui, même si elle ajoute une part de littérature à la vie du « héros », s’efforce de redonner vie à un personnage réel.

Le roman historique doit avoir été écrit à distance de l’époque où il se déroule : c’est le fameux recul indispensable qui donne une valeur « historique » au roman. Ainsi le Rouge et le Noir n’est pas un roman historique.

Enfin, dans le roman historique l’ Histoire ne doit pas être une simple « toile de fond » décorative mais occuper une place de choix : dans le roman historique l’Histoire est un sujet.


On peur définir le roman historique comme un roman qui mêle un cadre réaliste (événements, moeurs et coutumes, parfois figures historiques, problèmes de société ) à une intrigue et des personnages imaginaires.

Il connaît son plein essor au XIXème siècle, époque portant un grand intérêt à l’Histoire comme science et comme instrument d’émancipation des peuples.

 

 Un genre très varié

Le roman historique peut avoir pour cadre un événement majeur de l’histoire et y intégrer des personnages fictifs pour le rendre plus vivant (Quatre-vingt treize, de Victor Hugo, Guerre et paix, de Tolstoï) .

Il peut aussi se dérouler loin des grands événements politiques, comme la série des Cailloux bleus de Christian Signol (chronique paysanne au début du XIXème siècle)

Il peut prendre différentes formes narratives  :

  • récit classique (par exemple les romans de Ken Follet) ,
  • autobiographie fictive d’un personnage réel (Madame de Maintenon dans L’allée du roi de Françoise Chandernagor ou l’empereur romain Hadrien dans Les Mémoires d’Hadrien, de Marguerite Yourcenar). On appelle cela des « mémoires apocryphes ».
  • autobiographie d’un personnage fictif (soldat allemand dans A l’ouest rien de nouveau, de Remarque ; bourreau nazi dans La Mort est mon métier, de Robert Merle ou encore dans Les Bienveillantes, de Jonathan Littel),
  • correspondance fictive entre deux personnages imaginaires (Inconnu à cette adresse, de Kressman Taylor)
JPEG - 12.5 ko

Enfin le roman historique peut flirter avec un autre genre : le Roman policier  où la rencontre donne de savoureux polars historiques, comme la série de des « Juge Ti » , de Robert Van Gulik, se passant en Chine ancienne, ou encore les romans de Viviane Moore. Ce genre, connaît une vogue depuis le milieu du XXème siècle.

Dans la famille des « polars historiques », un coup de cœur de Mme Muribia, professeur de lettres et invitée spéciale du club lecture : Du Sang sur Rome, de Steven Sayor, dont un des personnages est Cicéron.

 

 A découvrir au CDI

A vous de découvrir au CDI de nombreux représentants de ce genre captivant , qui permet de s’instruire tout en s’évadant.

Tout d’abord le dernier prix Goncourt des Lycéens, qui se déroule à la Renaissance : Parle moi de batailles, de rois et d’éléphants, de Matthias Enard.

Pour rester à la Renaissance  :

  • L’oeuvre au noir, de Marguerite Yourcenar (histoire d’un alchimiste au XVIème siècle).
  • la série de Robert Merle : Fortune de France, sur les guerres de religion.
  • La Reine Margot, d’Alexandre Dumas.
  • Rouge Brésil, de Jean-Christophe Rufin, sur la conquête du Brésil.
JPEG - 8.2 ko

Pour ceux qui préfèrent retourner au Moyen-âge, nous proposons

  • Notre Dame de Paris, de Victor Hugo ;
  • Le Nom de la rose, de Umberto Eco
  • Les Rois maudits, de Maurice Druon.

Sur les bâtisseurs de cathédrales, Les Piliers de la terre de Ken Follett est depuis 20 ans un succés mondial : c’est aussi un des coups de cœur de Mme Chanu, professeur d’histoire invitée spéciale au club.

Plus près de nous, au XIXème siècle, une petite sélection :

  • Le Guépard, de Lampudesa (décadence de la noblesse dans la Sicile du XIXème) ;
  • L’Ange noir, de Catherine Hermary-Vieille (destin d’une femme esclave en Virginie) ;
  • La bataille, de Patrick Rambaud (sur une bataille napoléonienne peu connue).

La guerre de 14-18 inspira de nombreux romans remarquables tentant de rendre de façon sobre son horreur absolue. Parmi eux :

JPEG - 16.3 ko
  • A l’Ouest rien de nouveau, de Remarque ;
  • Le chemin des âmes , de J. Boyden (sur les soldats canadiens) ;
  • Cris, de Laurent Gaudé ;
  • Dans la guerre, d’Alice Ferney ;
  • La chambre des officiers, de Marc Dugain (sur les « gueules cassées ») ;
  • Les croix de bois, de Roland Dorgelès ;
  • Le grand troupeau, de Jean Giono.

La guerre de 39-45 inspira des fictions très variées comme :

JPEG - 7.8 ko
  • L’armée des ombres, de Joseph Kessel (sur la Résistance) ;
  • Suite française, d’Irène Némirovsky (sur l’exode et la vie sous l’occupation) ;
  • La voleuse de livres, de Markus Zusak (ici la narratrice est la Mort en personne) ;
  • Jan Karski, de Yannick Haenel ;
  • La maison vide de Claude Gutman ;
  • La mort est mon métier ;
  • Week-end à Zuydcoote de Robert Merle.
JPEG - 4.2 ko

Polars historiques pour mêler fiction, histoire et frissons :

JPEG - 4.3 ko
  • Les sept crimes de Rome,de Guillaume Prévost ;
  • Trafic de reliques, Le pélerin de la haine, Un bénédictin pas ordinaire, de Peters Ellis (Moyen-âge) ;
  • Bleu Sang, de Viviane Moore (se passe à Chartres au Moyen-âge) ;
  • La marque de Winfield, de Ken Follett ;
  • Les enquêtes du juge Ti, de Robert Van Gulik (Chine ancienne).

 

 Rencontre avec François Boulain

Lundi 13 décembre 2010, François Boulain [1] est venu nous faire partager sa passion : l’écriture.

Il a publié deux romans historiques aux éditions France Empire : Le diable Boiteux (sur Talleyrand) et La course du Tigre (sur George Clémenceau) et en prépare un sur Jeanne d’Arc.

Pour lui l’essentiel est de restituer la psychologie du personnage. Chaque roman demande des mois de préparation (recherches historiques...).

Merci à lui d’être venu nous rendre encore plus vivant ce genre romanesque.

JPEG - 3.1 ko
François Boulain

Voir en ligne : roman historique et littérature pour la jeunesse

Notes

[1Journaliste et auteur de romans historiques.