A la découverte du travail d’Alwin Nikolaïs

Les élèves de l’option Art danse suivront mardi 15 mars un atelier avec le danseur professionnel Philippe Chevalier pour aller à la découverte de l’artiste Alwin Nikolaïs. En effet, la pièce Kaléidoscope (1956) du chorégraphe est au programme de la classe de terminale option art danse depuis cette année.

Le parcours de Philippe Chevalier
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Philippe Chevalier.

Philippe Chevalier s’est formé à l’Université Paris X Nanterre à la technique Nikolaïs.

En 1978, il participe à l’Opéra aux ateliers de création de Carolyn Carlson qui a été soliste chez Alwin Nikolaïs et danse chez Karin Waehner.

Il danse pour les compagnies d’Alexandro Witzam, Dominique Petit, tous héritiers de Nikolaïs.

En 1980, il part pour New York pour travailler avec Trisha Brown.

De retour en France, il travaille Quentin Rouillier et rejoint le groupe Lolita danse où il restera neuf ans (vie collective et création).

En 1990, il crée sa propre compagnie et fait des recherches sur les enjeux corporels des danses à deux, il met en scène de deux spectacles participatifs « Le Baldingue » et « 2000 Bals ».

Après dissolution de la compagnie en 2002, Philippe Chevalier continue à chorégraphier pour le théâtre, l’opéra, les comédies musicales… et commence la formation de fasciathérapeute.

Il est également titulaire d’un diplôme universitaire de somato-psychopédagogie (université de Lisbonne) et spécialisé en Mouvement, Art et Expressivité.

Actuellement il mène une activité pédagogique et de coordination pour la Compagnie « De l’air dans l’art » et le Centre chorégraphique de la ville de Strasbourg, il est médiateur au Centre National de la Danse (CND) et anime des ateliers de chant, de tango argentin.

Alwin Nikolaïs, un artiste américain pluridisciplinaire et novateur

Artiste multidisciplinaire, Alwin Nikolaïs était un danseur, chorégraphe et professeur américain.

Il fait partie des grandes figures de la danse du 20ème siècle.

Il apprend le piano et la peinture dès son plus jeune âge. A partir de seize ans, il accompagne des films muets au piano et s’intéresse à diverses autres pratiques artistiques telles que la sculpture, la musique, la mise en scène, la poésie ou les marionnettes.

En 1937, il suit son premier stage à l’école de danse du Bennington College, dans le Vermont, lieu célèbre où se succédèrent les plus grands noms de la danse.

Il y retourne jusqu’à l’été 1940 et y rencontre les pionniers de la danse moderne, Martha Graham, Doris Humphrey, Charles Weidman, le compositeur Louis Horst, et surtout Hanya Holm, avec qui il travaillera longtemps et dont il appréciera particulièrement le goût pour l’abstraction.

Description : Tensile Involvement, Alwin Nikolaïs (1983), vidéo d’une reprise par le Joffrey Ballet of Chicago
Source : Youtube
Durée : 3 minutes 16 secondes

En 1951, Alwin Nikolaïs fonde sa propre compagnie, Murray Louis en est le principal danseur. Il y développe de nouvelles idées sur la danse, explore l’abstraction et précise sa conception de théâtre de danse abstraite, de spectacle total.

Il use des technologies les plus modernes de l’époque.

Il réalise lui-même la plupart du temps la musique, les décors, costumes, lumières et chorégraphies de ses pièces.

Il utilise chacun de ces éléments pour transformer les corps des danseurs, jouer sur les illusions scéniques et constituer un univers féerique.

Ainsi, il innove par la révolution visuelle de ses chorégraphies et par sa conception particulière du mouvement.

Dans ses pièces abstraites, à l’esthétique épurée et pleines d’humour, il va remettre en cause le rôle traditionnel des danseurs, en le rendant égal à celui des lumières, des sons et des costumes.

Ainsi décentralisé, le corps des interprètes devient un élément parmi d’autres dans la mise en scène.

Ses chorégraphies initient un bouleversement fondamental dans la conception du mouvement comme véhicule exclusif du sens : « motion, not emotion ».

Les costumes, masques et accessoires transforment les interprètes jusqu’à leur faire perdre tout aspect humain (voir vidéos).

Les lumières ont elles aussi une grande place dans les chorégraphies de Nikolaïs : il est le premier à explorer les effets des projections lumineuses.

Il multiplie les effets de ses pièces en 1967 grâce à l’invention du carrousel Kodak, il projette alors des diapositives sur les corps des danseurs.

Entre 1978 et 1981, il est à la direction du Centre National de Danse Contemporaine (CNDC) d’Angers qui formera de nombreux chorégraphes de la jeune danse française.

De nombreux danseurs, d’abord élèves de Nikolaïs sont devenus de grands chorégraphes reconnus dans le monde entier : Philippe Decouflé, Carolyn Carlson, Luc Petton, Susan Buirge, Alain Buffard.

La Ririe-Woodbury Dance Company perpétue l’esprit de Nikolaïs.

Fondée en 1964 par Shirley Ririe et Joan Woodbury, interprètes et chorégraphes très proches de Nikolaïs, cette compagnie a beaucoup contribué à la propagation de l’œuvre de Nikolaïs.

Extrait du spectacle de la Ririe-Woodbury Dance Company
Source : Youtube

Les élèves vont découvrir lors de l’atelier avec Philippe Chevalier des compositions musicales, chorégraphies, costumes, éclairages qui ont fait de la danse de Nikolaïs un art total.

Description : Crucible, Alwin Nikolaïs (1985), vidéo d’une reprise par la Ririe/Woodbury Dance Company
Source : Youtube
Durée : 2 minutes 56 secondes

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